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Découvrez l'exposition We were so very much in love, de Joël Andrianomearisoa

15/12/2020 Dynamisme culturel

L'exposition We were so very much in love a été conçue par l’artiste Joël Andrianomearisoa dans le cadre de la 5ème édition love etc.du Festival International des Textiles Extra ordinaires (FITE) de Clermont-Ferrand. Les œuvres, toutes inédites, ont été réalisées spécifiquement pour les espaces du musée d’art Roger-Quilliot.

Joël Andrianomearisoa, artiste pluridisciplinaire -  originaire d’Antanarivo, issu d’une formation d’architecte - travaille avec le textile, tout autant qu’avec les mots, le son et la lumière.

En attendant la réouverture prochaine des musées de la Métropole, il nous amène aujourd'hui à la découverte de ce projet, à travers la visite des différents espaces de l'exposition.

 

 

Visitons l'exposition avec l'artiste

Originellement conçu comme une seule pièce immersive dans la chapelle du MARQ, le projet a dû être réinventé par l’artiste en raison des mesures liées à la Covid. Le titre « nous nous aimions tant » exprime cette rupture. WE WERE SO VERY MUCH IN LOVE est formé d’une douzaine de pièces aux techniques et matériaux multiples et entrelacés, allant du néon aux textiles en passant par l’installation, le design sonore, les arts graphiques. Plus qu’une exposition, cet ensemble est une expérience qui invite à se mouvoir dans les espaces des musées et de la ville.

« WE WERE SO VERY MUCH IN LOVE. 
Cette phrase sonne comme un appel nostalgique pour invoquer un amour passé, une histoire d’un autre temps, un temps meilleur.
Mais il n’est pas question d’amour, pas que.
Nous ne parlons pas d’amour mais plutôt ce qui tourne autour de cet amour,
Cet amour avec un grand A ou cet amour avec un grand R (comme rupture ).

La temporalité de l’amour, son temps d’avant, la fin, la rupture, son présent, après et comment y remédier.
La romance est finalement un prétexte pour parler de notre temps.
Notre temps qui finalement n’a pas changé mais a certainement changé notre regard.
Un regard nostalgique jusqu’à la promesse d’un futur certainement meilleur.
C’est pour cela que la proposition est divisée en plusieurs temps."


"Le temps zéro, un prélude qui annonce à coup de lumière, le ton,
le titre phare we were so very much in love.
une parole à la ville, un appel au monde."

Aux abords du MARQ, dès le parvis de la place Louis-Deteix, Prélude, une installation lumineuse en néon annonce le titre de l’exposition : WE WERE SO VERY MUCH IN LOVE. Dans le bow-window : l’œuvre-suspens Déclaration, est un appel visuel qui invite à entrer, pour découvrir…

 

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 "Ensuite la Fugue comme à l’opéra avec un rideau qui se dresse au milieu de l’atrium.
rideau sur lequel va se jouer le théâtre de nos affections entre transparence et opacité."

Dans l’atrium Fugue, une immense «tapisserie-voilage», en suspension, met en exergue un voilé/dévoilé de l’atrium et son architecture monumentale, et induit un premier choc visuel et sentimental.

 

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Temps deux - Lacrimosa -. les larmes sont au rendez-vous pour rassurer la perte de l’être cher
mais cette peine va en même temps se dérouler sur des miroirs jusqu’à l’infini
à la manière d’une boule à facettes un jour joie une nuit douleur.

Dans l’ancienne cour des Ursulines : Lacrimosa, une installation de 14 miroirs peints invite à l’introspection: comment et pourquoi confronter son propre reflet à des larmes ?

 

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"Temps trois, noir, une projection dans la tristesse, sombre,
chagrin comme un état des lieux impossible sans issue.
Mes tissus sont là une dernière fois pour nous rappeler la sensualité des êtres,
le dernier souffle."

Accédons à la chapelle. We were so very much in love est une installation textile d’une tapisserie diptyque, noire, dense, qui structure l’espace et le volume de la grande nef. Au mur se détache une série de textes brodés sur toile, aphorismes sur l’amour, etc.

 

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"Temps quatre, les Vestiges, l’archéologie de nos passions.
Les beaux temps Vertigo, des textiles qui se projettent entre des robes couture
et à la fois des Linceuls malgaches sans souffle,
l’arbre mort de ma nouvelle vie pour dire que nous ne sommes pas tous morts."

Au centre, des Vestiges de l’amour, ce temps se décline en trois œuvres. La première est une installation formée de branches d’arbres morts. Ces branches tortueuses proviennent des environs de Magnat l’Étrange, en Creuse où Joël Andrianomearisoa a son atelier. Cette géographie importe.
Ne se voulant ni de là ni d’ailleurs, l’artiste répartit son temps entre sa ville natale Antananarivo, Paris où il habite et le plateau de Millevaches où il crée.
Dans l’exposition, cet arbre creusois ajoute son origine à celle des textiles malgaches. La seconde pièce Vertigo est posée au sol. Cette œuvre circulaire est un enroulement de bandes de tissus en référence aux techniques textiles utilisées dans certains pays africains, Mali et Sénégal notamment. Au chevet, une série de dix linceuls, tendus sur châssis font aussi référence aux pratiques funéraires malgaches et sont, pour l’artiste, des tissus chargés d’ âme.

 

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Temps cinq, la Promesse.
une longue et tendre musique rythme les battements de nos cœurs.
Boum boum et boum encore
oui nous sommes en vie et même à quatre heure du matin à la lueur d’une cigarette, fumée le désir sera toujours au rendez-vous. 

Dans la rotonde adjacente, le temps de Promesse, une série de dix-huit dessins au fusain, inédits, réalisés durant cet été creusois, sont présentés en pleine lumière. En couple avec une composition sonore qui mêle murmures, silence, déchirements, produite en collaboration avec Paul Zonza (No one famous). Cet espace-cocon, visuel et sensoriel place le visiteur dans une immersion polyphonique. Le son, ici, fait partie intégrante de la création de Joël Andrianomearisoa. Les dessins sont l’expression d’une volonté de l’artiste de revenir au geste, au «fait main».

 

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"D’autres actes vont prendre place dans le projet des actes sans temps comme un brin de linceul au musée Bargoin ou des tableaux textiles qui vont créer des dialogues avec la collection permanente du MARQ."

L’histoire se poursuit par un parcours dans les collections avec des Réminiscences, sept tableaux textiles de même format mais tous différents, en dialogue avec les peintures, sculptures et objets d’art… Cette inclusion propose une autre lecture de l’histoire de l’art en croisant les temporalités, l’ancien et le contemporain.


Dès que l’exposition pourra être à nouveau ouverte au public, nous vous attendons nombreux pour redécouvrir We were so very much in Love.

 

" A nos plus belles émotions vive l’amour. "
 Joël Andrianomearisoa